Prosper Moizo 1921 - 1945

Né(e) 16.4.1921 à St-Maurice
Décédé(e) 2.5.1945 à Ebensee

Biographie

Prosper Moizo est né le 16 avril 1921 à Saint-Maurice, où ses parents, infirmiers tous les deux, se sont mariés en 1912. Il est le fils unique de Prosper Moizo, né en 1888 à Mohon et de Lucie Rozières, née en Aveyron. Son père, poilu de la Première Guerre mondiale, a été fait prisonnier le 2 octobre 1914 à Mouchy-le-Preux et il est interné jusqu’au 15 décembre 1918 à Darmstadt en Allemagne.

Le régime de Vichy, instaure par la loi du 16 février 1943, le S.T.O. Service du Travail Obligatoire. Les jeunes gens des classes 1940, 1941 et 1942 ont l’obligation de partir travailler en Allemagne. Prosper Moizo, né en 1921, qui réside à Vaujours, en fait partie. Il travaille comme employé dans l’épicerie en gros d’Armand Deiss au 23, grande Rue à Saint-Maurice. Ce dernier intervient vainement auprès des autorités pour empêcher sa réquisition. Le 28 février 1943, Prosper part pour l’Allemagne et travaille pour la firme Bewag (entreprise d’approvisionnement en électricité de Berlin). Filiale de la très grosse entreprise AEG Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft, elle emploie à Berlin de la main-d’œuvre déportée, originaire des pays conquis par le Reich. Prosper vit dans un camp (Wohnlager) au 14 alt Moabit Berlin NW 40 et jusqu’à fin 1944, il échange une correspondance régulière avec ses parents. Mais, à partir de janvier 1945, ceux-ci n’ont plus aucune nouvelle.

Le 7 janvier 1945, suite à une dénonciation, Eugène Donnet, Yves Germain, Jean Meleuc et Prosper Moizo sont arrêtés par la police allemande. Seul, le premier revient vivant après la guerre.

Il est l’auteur de la lettre donnant des renseignements sur leur parcours. Le motif de leur arrestation est lié aux conditions extrêmement difficiles de la vie à Berlin pendant cet hiver 1944-1945 : ils cherchaient de quoi se nourrir par tous les moyens. D’abord détenus dans la prison d’Alexanderplatz à Berlin, les quatre hommes sont déportés au camp de concentration de Sachsenhausen, à 30 kms au nord de Berlin, en fin janvier 1945 : là le calvaire a commencé ; nous étions frappés chaque jour.

Le 16 février 1945, Yves, Jean et Prosper sont transférés au camp de Mauthausen en Autriche. Prosper Moizo reçoit le matricule 131542.

Le 23 mars, il part pour le Kommando qui se crée à Amstetten, pour déblayer la gare, bombardée, de cet important nœud ferroviaire à l’est de Linz. Dès le début avril, devant l’avancée de l’armée russe, les déportés d’Amstetten sont évacués sur Ebensee où, depuis novembre 1943, les déportés creusent des tunnels sous la montagne pour protéger les industries SS des bombardements anglo-américains.

En ce printemps 1945, Ebensee connait un afflux de détenus venant des Kommandos évacués. Les conséquences sont terribles : réduction drastique des rations alimentaires, aggravation des violences et des massacres par les S.S.

Le 2 mai 1945, Prosper Moizo décède, 4 jours avant l’arrivée des militaires américains le 6 mai 1945. Prosper Moizo a obtenu le titre de Déporté politique et la mention "Mort pour la France" le 17 mars 1955. Yves MOIZO et Armelle QUERBOUET.

 

Yves Moizo, un arrière arrière petit cousin

 

Sources

FMD Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre Mémorial. Amicale des déportés de Mauthausen, IIIe monument. SDH Caen AC 21 P 517416, MOIZO Prosper, déporté.

Emplacement dans la pièce des noms