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Jean-Marie Ravat 1899 - 1945 Traiter les données

Né(e) 16.12.1899 à St-Christophe-en-Bresse
Décédé(e) 6.3.1945 à Melk

Biographie

Jean-Marie Ravat naît le 16 décembre 1899 à Saint-Christophe-en-Bresse (Saône-et-Loire). Il est le fils de Jean Ravat, cultivateur âgé de 45 ans et de Marie Olivier, cultivatrice âgée de 37 ans habitant le hameau de Serville sur la commune de Saint-Christophe-en-Bresse. Jean-Marie Ravat exerce le métier de cultivateur à Crissey (Saône-et-Loire). Incorporé le 17 avril 1918 au 21e régiment d’infanterie à Langres (Haute-Marne), puis aux 139e et 38e, il connaît les affres de la guerre jusqu’à l’armistice du 11 novembre 1918. Il est libéré le 20 avril 1921. Jean-Marie Ravat épouse Marie Denise Thurillet le 29 novembre 1923 à Toutenant (Saône-et-Loire), le couple habite rue Haut-Saint-Cosme à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et aura un enfant en 1924. Jean Marie Ravat est embauché à la compagnie ferroviaire PLM au service de la voie de Chalon-sur-Saône le 4 juillet 1921. Admis au cadre permanent le 1er mai 1923 il est commissionné le 1er mai 1924. Agent de la voie, il est surveillant principal et chef de canton. Militant CGT, il est élu avant-guerre délégué du personnel suppléant auprès du chef du service de la Voie de la région du Sud-est. Ancien combattant de 14/18, profondément patriote, Jean-Marie Ravat n’accepte pas la défaite des troupes françaises, la victoire du nazisme, le renoncement de son pays qui donne les pleins pouvoirs à Pétain et à son régime collaborationniste. Il entre en résistance. En lien avec Louis Curnier, commandant de la 5e compagnie du maquis de Saint-Gengoux-le-National (Saône-et-Loire), il fournit de précieux renseignements sur les mouvements ainsi que sur le passage des trains de troupes et de matériels allemands en gare de Chalon. Il est en relation également avec Auguste Laurin, capitaine, chef de secteur des services interalliés des réseaux Ali-France, Gloria SMH et Brandy, du 1er mars 1941 au 13 mars 1943. Il œuvre pour le passage clandestin d'agents de la Résistance de la ligne de démarcation. Laurin quitte ensuite la région, car il est menacé d’arrestation. À noter que le réseau Ali-France a été fondé par Joseph Dubar et qu’il a pour principal fait de résistance d’avoir réussi à photographier les emplacements de rampes de lancement et de dépôts des fusées V2 pour ensuite les envoyer à Londres. Le réseau Gloria SMH est créé par Jeannine Gabrielle Picabia, fille du célèbre peintre Francis Picabia. Le réseau Brandy est chargé par le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) à Londres, de constituer avec des agents sûrs, un nouveau réseau d'évasion de pilotes et de spécialistes de l'aviation pour leur faire gagner l'Angleterre. Le site et le nœud ferroviaire de Chalon sont stratégiques pour le passage de la ligne de démarcation. Jean-Marie Ravat est également en lien avec Pierre Drillien, chef de district FFI de Saint-Gengoux-le-National. Sa femme ignore tout de son activité. Le 7 juillet 1944, il participe à des sabotages au dépôt des machines SNCF de Chatenoy-le-Royal/Chalon. Après enquête, Jean-Marie Ravat est arrêté par la Gestapo, le 8 juillet 1944 à son domicile vers 2 heures du matin, « interrogé » et incarcéré à la prison de Chalon. Le samedi 5 août 1944 à 20 heures et dans la nuit du 6, lordre dintensifier les sabotages au dépôt est donné. Des locomotives explosent avec des pétards aimantés provenant des parachutages. Le château d’eau est détruit ce qui prive les locomotives à vapeur de l’approvisionnement d’eau. Idem pour le réservoir d’air comprimé alimentant les machines, condamnant ainsi le dépôt à l’inactivité pendant plusieurs jours. Un certain nombre de cheminots y participent. Parallèlement, les alliés débarqués de Normandie, arrivent à grands pas sur Paris. Les forces françaises de Libération et les alliés débarquent de Provence le 15 août et sont aux portes de Lyon (Rhône) quinze jours plus tard. L’armée allemande est en déroute, il faut donc en urgence déporter un maximum de résistants détenus jugés dangereux ou susceptibles de fournir une aide précieuse aux armées de Libération. Jean-Marie Ravat et les détenus de la prison de Chalon-sur-Saône sont conduits en camions militaires jusqu’à la gare et à la prison de Dijon (Côte-d’Or). Ils sont extraits de cette prison pour être dirigés en train le 26 août 1944 par le convoi n° I 274 vers la gare de Rothau (Bas-Rhin). Là, avec les autres détenus, il descend et commence la marche forcée de huit kilomètres vers Natzweiller-Struthof (Bas-Rhin) en Alsace annexée par les nazis. Ses camarades Calixte Plantin, Lucien Laugerette, Louis Vachez, cheminots et résistants de Chalon font partie de ce convoi dont ils ne reviendront pas. Louis Vachez meurt dans ce camp de concentration. Devant la poussée alliée, le camp de Natzweiler est évacué et Jean-Marie Ravat est déporté sur Dachau (Allemagne) le 6 septembre puis Mauthausen (Autriche) le 16. Il est enfin affecté à Melk (Autriche) le 21 septembre 1944. En novembre son index gauche est amputé, écrasé par un bloc de rocher. Fin janvier il entre à l’infirmerie du camp pour dysenterie et phlegmon à la jambe gauche. Son camarade Georges Bonjour assiste impuissant à son décès, sans soin médical, le 6 mars 1945 dans la chambre 10 de l’infirmerie du camp de concentration de Melk. Jean-Marie Ravat meurt à l’âge de 45 ans. Sa mémoire est honorée sur les stèles commémoratives de la gare de Chalon-sur-Saône, de la direction régionale SNCF de Lyon (ex-4e arrondissement de la région Sud-Est), porte Saône de la gare de Lyon-Perrache, au monument aux morts et sur la plaque commémorative des déportés de la ville de Chalon-sur-Saône. Les titres de Déporté et interné de la Résistance (DIR) et Résistance intérieure française (RIF) lui sont attribués. Par décret du 27 décembre 1954, il est décoré à titre posthume de la médaille de la Résistance française. La mention « Mort pour la France » est apposée sur son acte de décès et, par arrêté du 31 janvier 1997, la mention « Mort en déportation ».

Recherches et rédaction Robert Goujon

 

Sources :

Guide de recherches sur la Seconde Guerre mondiale, 1939-1945 (SNCF-Sardo), 118LM109/002 et 266LM003/007.

Service historique de la Défense, BAVCC Caen, GR 16 P 500944.

Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

https://railetmemoire.blog4ever.com/ consulté le 12 mai 2017.

Archives départementales de Saône-et-Loire.

Journal officiel de la République française n°57 du 8 mars 1997, page 3684. Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots), documentation de Bertrand Porcherot, Notes de Louis Botella.

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