Thomas Marcel Julien naît le 3 février 1912 à Lyon 3e (Rhône). Du 3 février 1928 au 31 juillet 1929, Marcel Thomas a été élève à l’école supérieure des Minimes à Lyon. Après avoir été aide-chimiste aux usines du Rhône du 1er août 1929 au 30 septembre 1930, il a connu une période de chômage de deux ans, qui a pris fin le 1er novembre 1932 lorsqu’il a été employé par l’usine lyonnaise de teinturerie Gilet où il est resté jusqu’au 14 avril 1933. Appelé sous les drapeaux le 15 avril 1933, il rentre dans ses foyers le 29 mars 1934. Il reprend le jour même son travail aux usines Gilet jusqu’au 23 avril 1936, date de son départ définitif de cette entreprise. Il entre au PLM comme facteur aux écritures à l’essai à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) le 1er octobre 1936. Muté à Ternand (Rhône) le 1er avril 1937, il est envoyé à Mâcon (Saône-et-Loire) en novembre. Le 11 novembre 1939, il est mobilisé à la 105e base aérienne, où il reste comme caporal jusqu’au 11 août 1940. Le 10 octobre, il reprend son poste de facteur aux écritures à Mâcon. Le 30 août 1934, Marcel Thomas avait épousé Lucette Longuechaud, avec laquelle il n’a pas eu d’enfant. Engagé en politique, il est membre de la cellule communiste de Mâcon gare (Saône-et-Loire). Pendant l’Occupation, il rejoint l’Organisation spéciale, créée au début de 1941 pour la Saône-et-Loire, où il est commissaire technique régional. Le 18 août, la police française procède à des visites domiciliaires chez le cheminot de Charnay-Lès-Mâcon, Léon Crétin, où sont découverts un pistolet automatique et 11 balles. Le même jour, le commissaire de police Jacques Soubeaux se rend avec quatre inspecteurs chez les époux Thomas, au lieu-dit Les Proux, à Charnay-Lès-Mâcon (Saône-et-Loire). Ils mettent la main sur une quantité impressionnante de documents d’inspiration communiste cachés dans plusieurs endroits de la maison et du jardin : des toiles, des banderoles rouges et blanches porteuses de l’étoile, de la faucille et du marteau avec des inscriptions « Vive le Parti communiste» ; «Pour une vie belle et heureuse, adhérez aux jeunesses communistes», de nombreux exemplaires de L’Humanité, environ 200 tracts et brochures de l’année 1941, 6 listes de personnes avec l’indication de sommes qu’elles avaient perçues et une planchette servant à la distribution automatique des tracts. Marcel Thomas reconnaît qu’il était chargé depuis six ou sept mois par le Parti communiste de centraliser le matériel de propagande et de le répartir entre les distributeurs. S’il ne connaît pas les personnes venues lui apporter les tracts, les journaux et les listes, il indique que les directives lui étaient transmises par son voisin Léon Crétin. Les deux jours suivants, le commissaire Soubeaux continue les perquisitions chez les dénommés Claude Canard et Léon Hospital. Le 20 août, tous sont auditionnés par le juge d’instruction, qui les inculpe pour activité communiste. Le 4 septembre 1941, Marcel Thomas est suspendu de ses fonctions à la SNCF, puis révoqué quelque temps après (il sera réintégré pour ordre le 4 août 1944 alors qu’il est en camp de concentration). La section spéciale du tribunal militaire permanent de la 14e division siégeant à Lyon le condamne le 18 septembre à vingt ans de travaux forcés, à la dégradation civique, à cinq ans d’interdiction de séjour et à la confiscation de ses biens pour atteinte à la sureté intérieure de l’État et activité communiste. Incarcéré à Mâcon, puis à Lyon (Rhône), il est ensuite détenu à Saint-Étienne (Loire), Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), puis Clairvaux (Aube). Le 18 septembre 1943, il est transféré à la prison de Blois (Loir-et-Cher). Le 18 février 1944, il est livré aux Allemands avec l’ensemble des détenus communistes de Blois et transféré à Compiègne-Royallieu (Oise) (n° 27997). Ayant été condamné à une peine supérieure à dix ans de travaux forcés, Marcel Thomas n’est pas déporté dans l’un des convois massifs organisés au printemps 1944, mais dans un petit transport composé exclusivement de détenus porteurs du sigle NN (jugés dangereux). Il est d’abord déporté depuis la gare de l’Est au camp de Sarrebruck Neue Bremm (Allemagne) le 28 février 1944, avant d’être envoyé à Mauthausen (Autriche), où il arrive le 26 mars 1944 avec un groupe composé presque exclusivement de communistes lourdement condamnés (parmi lesquels les cheminots morts en déportation Adolphe Grimaud et Auguste Garnier). Il est enregistré au camp avec le matricule 60761. Après une période de quarantaine, il est transféré au camp de Gusen (Autriche) le 28 avril 1944. Dans ce camp, il est employé comme manœuvre (Hilfsarbeiter) et travaille à la production d’armes pour le compte de la firme Messerschmitt produisant notamment les avions de chasse Me 109 puis Me 262. Après quelques jours au Revier de Gusen entre le 13 et le 19 janvier 1945, il retrouve son poste pour dix jours, avant d’être de nouveau admis à l’infirmerie le 29 janvier. Marcel Thomas meurt au Block 8 le 12 mars 1945. Sa femme, déportée le 1er juin 1944 à Ravensbrück (matricule 42666), revient en 1945. Marcel Thomas a obtenu la mention « Mort pour la France» et le titre de Déporté politique le 25 janvier 1954. Il est titulaire de la Croix de guerre et a été nommé chevalier de la Légion d’honneur. Son nom a été porté sur la plaque commémorative de la gare de Mâcon, suivi de la mention « facteur aux écritures» et repris sur la plaque régionale visible en gare de Lyon-Perrache, porte de Saône.
Adeline Lee
Adeline Lee est une historienne française. Pour les expositions permanentes au mémoirial de Mauthausen elle a participé à un projet de recherche extensive de sources concernant l'histoire du camp de Mauthausen, consultant des archives et collections français. Elle est auteure de nombreux articles sur la déportation de Français au camp de Mauthausen.
Sources:
Cheminots victimes de la répression, 1940-1945 - Mémorial, sous la direction de Thomas Fontaine, Paris, Éditions Perrin/SNCF, 2017.
THOMAS Marcel Julien wurde am 3. Februar 1912 im 3. Bezirk von Lyon (Departement Rhône) geboren. Vom 3. Februar 1928 bis 31. Juli 1929 war Marcel Thomas Schüler an der „Ecole supérieure des Minimes“ in Lyon. Nachdem er vom 1. August 1929 bis zum 30. September 1930 als Helfer in den Chemie-Werken Rhône gearbeitet hatte, war er zwei Jahre lang arbeitslos. Am 1. November 1932 fand er eine Anstellung in der Lyoner Färberei Gilet, wo er bis zum 14. April 1933 arbeitete. Am 15. April 1933 wurde er zum Militärdienst einberufen, am 29. März 1934 kehrte er nach Hause zurück. Noch am selben Tag nahm er seine Arbeit in den Gilet-Werken wieder auf und blieb bis zum 23. April 1936. Am 1. Oktober 1936 trat er in die Eisenbahngesellschaft P.L.M. ein. Er wurde in Chalon-sur-Saône (Departement Saône-et-Loire) als Verwaltungsangestellter auf Probe eingesetzt. Am 1. April 1937 wurde er nach Ternand (Departement Rhône) und im November desselben Jahres nach Mâcon (Departement Saône-et-Loire) versetzt. Am 11. November 1939 wurde er einberufen und der 105. Luftwaffenbasis zugeteilt, wo er bis zum 11. August 1940 als Gefreiter blieb. Am 10. Oktober nahm er seine Arbeit in Mâcon wieder auf.
Am 30. August 1934 hatte Marcel Thomas Lucette Longuechaud geheiratet, die Ehe blieb kinderlos.
Er war politisch stark engagiert und Mitglied der kommunistischen Zelle in Mâcon (Departement Saône-et-Loire). Während der Besatzung schloss er sich der Anfang 1941 gegründeten Spezialorganisation des Departements Saône-et-Loire an, wo er als regionaler technischer Kommissar wirkte. Am 18. August führte die französische Polizei Hausdurchsuchungen beim Eisenbahner Léon Crétin aus Charnay-Lès-Mâcon durch, bei denen eine automatische Pistole und 11 Kugeln gefunden wurden. Am selben Tag begab sich der Polizeikommissar Jacques Soubeaux mit vier Inspektoren zum Wohnsitz des Ehepaares Thomas in Les Proux (Gemeinde Charnay-Lès-Mâcon, Departement Saône-et-Loire). Sie fanden eine beeindruckende Menge an kommunistisch inspirierten Dokumenten vor, die an verschiedenen Orten im Haus und im Garten versteckt waren: Stoffbahnen, rot-weiße Banner mit Stern, Hammer und Sichel und Aufschriften wie „Es lebe die Kommunistische Partei“, „Für ein schönes und glückliches Leben, tretet der kommunistischen Jugend bei“, zahlreiche Exemplare der Zeitung L'Humanité, etwa 200 Flugblätter und Broschüren aus dem Jahr 1941, 6 Personenlisten mit Angaben zu erhaltenen Summen und eine Vorrichtung, die zur automatischen Verteilung von Flugblättern diente. Marcel Thomas gab zu, vor sechs oder sieben Monaten von der Kommunistischen Partei beauftragt worden zu sein, das Propagandamaterial zu zentralisieren und an die Verteiler weiterzugeben. Er gab weiter an, die Personen, die ihm die Flugblätter, Zeitungen und Listen brachten, nicht zu kennen, räumte aber ein, dass er die Anweisungen von seinem Nachbarn Léon Crétin erhalte. An den beiden darauffolgenden Tagen durchsuchte der Kommissar Soubeaux die Wohnorte von Claude Canard und Léon Hospital. Am 20. August wurden alle vom Untersuchungsrichter verhört, sie wurden wegen kommunistischer Betätigung angeklagt. Am 4. September 1941 wurde Marcel Thomas vom Dienst bei der SNCF suspendiert und bald darauf seines Amtes enthoben (am 4. August 1944 wurde er der Ordnung halber wieder eingestellt, er befand sich damals in einem Konzentrationslager). Am 18. September wurde er von der Spezialabteilung des ständigen Militärgerichts der 14. Division in Lyon wegen Gefährdung der inneren Staatssicherheit und kommunistischer Aktivitäten zu 20 Jahren Zwangsarbeit, Ehrverlust, fünf Jahren Aufenthaltsverbot und Beschlagnahmung seines Vermögens verurteilt. Er wurde zuerst ins Gefängnis von Mâcon gebracht, dann kam er ins Gefängnis von Lyon (Departement Rhône) und später ins Gefängnis von Saint-Étienne (Departement Loire), es folgten Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), und schließlich Clairvaux (Departement Aube). Am 18. September 1943 wurde Marcel Thomas ins Gefängnis von Blois (Departement Loir-et-Cher) überstellt. Am 18. Februar 1944 wurden er und alle anderen kommunistischen Häftlinge von Blois an die Deutschen ausgeliefert und nach Compiègne-Royallieu (Departement Oise) (Nr. 27997) gebracht. Da Marcel Thomas zu einer Strafe von mehr als zehn Jahren Zwangsarbeit verurteilt worden war, wurde er nicht mit einem der im Frühjahr 1944 organisierten Massenkonvois deportiert, sondern mit einem kleinen Transport, der ausschließlich aus NN-Gefangenen bestand, die als besonders gefährlich galten. Am 28. Februar 1944 wurde er zunächst vom Pariser Ostbahnhof in das Lager Saarbrücken Neue Bremm (Deutschland) deportiert, bevor er nach Mauthausen (Österreich) gebracht wurde; er erreichte Mauthausen am 26. März 1944 mit einer Gruppe, die fast ausschließlich aus zu harten Strafen verurteilten Kommunisten bestand (die Eisenbahner Adolphe Grimaud und Auguste Garnier waren Teil dieser Gruppe, beide starben während der Deportation). Er wurde im Lager unter der Nummer 60761 registriert. Nach der Quarantäne wurde er am 28. April 1944 ins Lager Gusen (Österreich) überstellt. Dort wurde er als Hilfsarbeiter eingesetzt – er arbeitete im Bereich Rüstungsproduktion im Dienste der Firma Messerschmitt, die insbesondere die Jagdflugzeuge Me 109 und Me 262 herstellte. Nachdem er ein paar Tage (vom 13. bis 19. Jänner 1945) im Revier von Gusen verbracht hatte, kehrte er an seinen Arbeitsplatz zurück, wurde aber bereits nach zehn Tagen, also am 29. Jänner, wieder in der Krankenbaracke aufgenommen.
Marcel Thomas starb am 12. März 1945 im Block 8.
Seine Frau war am 1. Juni 1944 nach Ravensbrück deportiert und unter der Nummer 42666 registriert worden, sie kehrte 1945 nach Frankreich zurück.
Am 25. Jänner 1954 wurde ihm der Titel Déporté politique (politischer Deportierter) zugesprochen, außerdem erhielt er die Auszeichnung Mort pour laFrance (Für Frankreich gestorben). Marcel Thomas wurde mit der Ehrenlegion und dem Kriegskreuz geehrt. Sein Name und seine Berufsbezeichnung stehen auf der Gedenktafel im Bahnhof von Mâcon und auf der regionalen Gedenktafel im Bahnhof Lyon-Perrache, Porte de Saône.
Adeline Lee
Cheminots victimes de la répression, 1940-1945 - Mémorial, sous la direction de Thomas Fontaine, Paris, Verlag Perrin/SNCF, 2017.
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